Faire son stage chez Google

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« C'est cool, et la bouffe est gratuite. »

Au-delà des préjugés, faire son stage dans une entreprise comme Google est une opportunité très intéressante pour tout élève Ensimag en filière orientée informatique (ISI, SLE, Télécom). Cependant, le processus de recrutement est quelque peu particulier, en particulier pour nous, français. Cette page se veut donc un petit guide du stage chez Google (ou dans une autre « grosse boîte » du même genre).

Postuler

La première étape pour avoir un stage, c'est bien sûr de chercher un stage. Que ce soit en 1A, 2A ou 3A, cela ne coûte pas grand chose de postuler : il faut simplement être prêt. (Évidemment, si vous prévoyez de faire dans la finance et les maths, ne postulez pas.)

  • Quand ? Chez Google, le recrutement débute dès octobre (soit à peine un mois après la fin de la vague des stages d'été) et est, à la mi-décembre, déjà bien entamé. Non pas qu'il soit impossible d'obtenir un stage après cette date fatidique, mais cela peut être plus compliqué, ou prendre plus de temps, selon les quotas et les taux de remplissements de l'année.
  • Pour quand et combien de temps ? Sachez que les stages Google sont d'une durée canonique de 3 ou 4 mois ; les recruteurs préfèrent 4 mois. La 2A est sans doute idéale. Si vous souhaitez y faire votre PFE, il faudra néogicer le cinquième mois. En pratique, ce genre de détails n'entre en considération qu'une fois que vous avez été accepté ; rien ne presse. Quant à la période, Google accueille des stagiaires toute l'année ; là encore, le créneau idéal va dépendre de votre situation ; notez qu'en 2A, il est possible d'obtenir une dérogation pour remplacer le projet de spécialité par un stage long à l'étranger (ce qui serait votre cas).
  • Où ? Bonne question. Et la réponse est : quelque part. Soyez préparés à ne pas choisir. En Europe, a priori, ne serait-ce que pour des questions de logistique et d'administration propre à Google (l'EMEA est une division logique du groupe). En pratique, les grands centres d'ingénierie européens, qui concentrent de facto la grande majorité des stagiaires, sont situés à Zürich, Londres et Dublin. (Plus généralement, plus vous êtes géographiquement flexibles, plus vous aurez d'opportunités, avec Google ou d'autres acteurs du marché, et ce qui vous paraît « logique » ne l'est pas forcément pour l'entreprise : si Microsoft vous propose un stage à Redmond alors que vous êtes français, il ne faut pas trop vous poser de questions...)
  • Comment ? En 2009 et 2010, Google était présent à la Journée des Partenaires, organisée par le BDE. C'est la manière la plus directe et elle a l'avantage de vous placer dans un cadre restreint (moins de CV) donc privilégié : n'oubliez donc pas de déposer votre CV dans la CVthèque ! Si pour une raison ou pour une autre, Google ne se présente pas, il reste bien sûr la voie en ligne : http://www.google.com/intl/en/jobs/students/emea/technical/intern/
  • Mon CV a été recalé. Cela arrive. Si à la Journée des Partenaires, Google est présent, vous pouvez toujours aller directement démarcher le représentant sur place en espérant obtenir un pré-entretien : l'audace et l'initiative sont souvent appréciées. Si, en revanche, vous avez postulé par Internet, vous n'avez guère de recours. Notez qu'il est conseillé d'attendre entre 9 et 12 mois pour redéposer votre demande.

Si vous avez décidé de postuler, il est temps de vérifier que votre CV est à jour et pas trop vilain (voyez p.ex. Rédiger_son_CV_en_anglais ou la page officielle de Google sur les questions de CV). Il n'y a rien de spécifique aux CV pour Google plus qu'ailleurs : mettez vous en valeur sans mentir, et faites en sorte de sortir du lot !

(N.B. : Sur la page officielle, on parle de lettre de motivation, de relevés de notes, et de références. En pratique, cela peut vous être demandé, comme cela peut ne pas vous être demandé. Si vous postulez via l'interface en ligne, il est probablement plus prudent de tout fournir, pour ne pas avoir de mauvaises surprises, mais à la Journée des Partenaires, on ne vous demandera que votre CV.)

Passer ses entretiens

La spécificité de Google, du moins d'un point de vue franco-français, tient en ses entretiens qui sont des entretiens techniques. Ne vous attendez donc pas à « bluffer » sur votre motivation et votre admiration pour la marque (quoique cela aide), sauf peut-être à la fin.

  • Un entretien technique ? Ça ressemble à quoi ? Pour ceux d'entre vous qui viennent de prépa, cela ressemble exactement à une colle, avec un peu de discussion personnelle vers la fin. On vous donne un exercice, et vous devez le résoudre, en expliquant votre raisonnement et en écrivant du code. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec les joies de la taupe, retenez qu'il s'agit d'un examen oral, sans préparation préalable, où il vous est demandé de résoudre un problème. L'examinateur est là à la fois pour vous juger et pour vous aider, dans une certaine mesure, en échangeant avec vous ; d'autre part, les exercices ne sont pas bornés, et il est fréquent que la personne élabore en ajoutant des questions, contraintes, etc.
  • Quel est le format des entretiens ? Un pré-entretien éliminatoire de 20 à 45 min, selon les conditions (à la Journée des Partenaires 2009, c'étaient des pré-entretiens de 20 min), qui peut se passer sur place (p.ex. à la Journée des Partenaires), ou par téléphone. Si vous êtes retenu, celui-ci sera suivi de deux ou trois entretiens téléphoniques qui durent typiquement entre 45 min et 1 h. Le code que vous aurez à écrire se fera sur tableau (un classique du collé !) ou via un outil collaboratif en ligne (Google Docs). Prenez l'habitude d'écrire du code à la volée. À savoir également : il n'a pas besoin d'être parfait du premier coup, pendant que vous l'écrivez ; un des objectifs de l'examinateur est de voir comment vous raisonnez, et à ce titre, c'est tout à fait normal que durant le processus, vous reveniez en arrière pour ajouter une variable, modifier un type, etc.
  • Sur quel contenu peut-on m'interroger ? Il n'y a a priori pas de limites, cependant il est apparent que le programme officieux comprend principalement de l'algorithmique, des connaissances en systèmes d'exploitations, réseaux, et architecture des ordinateurs, ainsi que des bases en probabilités (pour l'informatique). De plus, il vous sera demandé d'être à l'aise avec un langage de programmation, de préférence orienté objets (c'est un moins s'il ne l'est pas, bien que ce ne soit pas éliminatoire ; mais dans tous les cas, la connaissance des concepts de la POO est nécessaire). Il y a également beaucoup de questions pratiques concernant la conception, le développement, le débogage, le test, la maintenance, etc. Vis à vis de l'Ensimag, il s'agit grosso modo (les cours en option dans certaines filières sont marqués d'une étoile)
    • en 1A, des cours d'algorithmique 1, architecture 1, réseaux 1, probabilités 1 et théorie des langages 1 (principalement pour la partie sur les automates), au premier semestre ;
    • d'algorithmique 2, logiciel de base, recherche opérationnelle (pour la partie sur les graphes), au second semestre ;
    • en 2A, des cours d'algorithmique 3 (pour la partie algo et la partie POO) et 4 (*), système et programmation concurrente, réseaux (*), et statistiques ;
    • et des TP et projets, pour l'aspect pratique.
  • Doit-on vraiment connaître tout ça ? En pratique, il est évident que vous ne serez pas interrogé sur tout ça ; de même, vous ne serez pas interrogé que sur ça. On ne va pas se mentir, à Google, on rencontre des stagiaires qui ont des lacunes dans une ou plusieurs de ces disciplines (p.ex. certains n'ont jamais utilisé de débogueur ou de gestionnaire de versions comme on vous l'apprend à l'Ensimag). D'autre part, il est généralement bien vu d'être honnête et d'avouer que vous ne savez pas, en particulier lorsqu'il s'agit d'une question de restitution de connaissances (p.ex. expliquer le traitement de la congestion dans le protocole TCP) : vous n'êtes pas censé être une encyclopédie vivante. En revanche, l'algorithmique ne pardonne pas. Ne pas savoir ce qu'est un arbre bicolore (red-black) est probablement largement compromettant. Relativement au cursus Ensimag, la frontière se situe approximativement quelque part au milieu du cours d'algorithmique 4 ; mais encore une fois, il est tout à fait possible que vos entretiens n'abordent jamais aucune notion d'algorithmique « avancée », ces repères sont donnés à titre indicatif.
  • Au final, est-ce que c'est difficile ? Il y a beaucoup de mythes autour des entretiens Google, Microsoft, Facebook, etc. Le plus simple, c'est encore d'aller faire un tour sur Google (le moteur de recherche) à la recherche de questions d'entretien (remarquez qu'elles sont le plus souvent décriées comme « interdites », ce qui ne les empêche pas d'être valides, d'un point de vue technique). Faites attention, toutefois, aux questions vagues et autres brain teasers. Concentrez vous sur les réflexions techniques et les exercices concrets, qui, quoi qu'il arrive, ne peuvent que vous être bénéfiques.

Informations complémentaires sur le site officiel : http://www.google.com/intl/en/jobs/students/emea/interview/

(N.B. : Les entretiens sur place mentionés sur la page officielle n'ont en réalité typiquement pas lieu pour les contrats de stages.)

J'ai été pris !

Félicitations ! Si c'est le cas, Google vous doit vous fournir toutes les informations nécessaires, et il n'y a plus grand chose pour vous sur cette page. Quelques conseils en vrac toutefois :

  • Pensez à vous y prendre à l'avance pour les questions de logement : Google ne fournit pas d'appartement de fonction autour de ses centres européens (contrairement à Microsoft à Remond, p.ex.), et trouver quelque chose pour trois mois peut être difficile.
  • Les salaires sont indexés sur le niveau de vie local, mais étant donné que les repas sont gratuits, votre quasi seul budget en dehors des loisirs sera le logement. Aussi, il est généralement plus avantageux, financièrement, de faire son stage à Zürich plutôt qu'à Dublin, par exemple. Mais comme mentioné plus haut : vous ne choisissez pas.
  • Renseignez-vous sur votre couverture santé à l'étranger. Google peut offrir de rembourser les frais d'assurance maladie (du moins, c'est le cas à Zürich), et selon la législation locale, il est possible que vous n'ayez rien à faire (p.ex. si vous restez moins de trois mois à Zürich) ; dans tous les cas, une couverture complémentaire côté français peut être un bon cran de sûreté et coûte une misère (en comparaison de votre salaire).
  • Pensez que vous serez payé en devise locale (p.ex. CHF en Suisse) et qu'il vous faudra donc potentiellement ouvrir un compte sur place. Il peut être intéressant de voir avec votre banque française s'il y a des possibilités de partenariats spécifiques (au cas où vous seriez tenté de rapatrier votre argent en France à la fin).
  • Si vous êtes en 2A et souhaitez partir en 3A à l'étranger, divers conflits peuvent survenir, du fait de la durée minimale du stage. Vous serez très probablement contraint de demander une dérogation de projet de spécialité.

Le reste, c'est à vous de le découvrir !

Des questions ?

Mais si vous avez encore des questions, n'hésitez pas à contacter des élèves ou anciens qui ont été en stage ou en emploi chez Google. Comme toujours, les plus jeunes seront peut-être plus proches des questions de recrutement, mais n'importe qui pourra sans doute vous renseigner.

Une liste non-exhaustive d'anciens Ensimag, et étant ou ayant été Googlers ;)